Pourquoi le triangle de Penrose ?


























                            

Considérés deux par deux, les sommets de ce triangle forment une perspective compréhensible. Nous pourrions donc en conclure que l’objet existe.


Mais en fusionnant ces trois vues la figure s’avère impossible à réaliser dans la réalité.




Cet objet impossible à fabriquer fut imaginé en 1934 par l’artiste suédois Oscar Reutersvärd, père des figures impossibles, et popularisé par le physicien et mathématicien britannique Roger Penrose en 1958.



L’artiste néerlandais Maurits Cornelis Escher a illustré cette illusion d’optique dans plusieurs de ses œuvres.

Chaque partie de l’image donne une perspective absolument correcte et nous permet de nous projeter dans un imaginaire réaliste.

A droite la chute de l’eau qui entraîne la roue du moulin, l’évacuation par un canal horizontal, le canal supérieur alimentant la chute d'eau, le tout soutenu par une construction de plusieurs étages reliés par des escaliers à la géométrie parfaire.

Mais la scène devient irréaliste lorsqu’on observe l’ensemble de l’œuvre.


Il en est de même ci-dessous pour les personnages gravissant et descendant inlassablement les escaliers.






Ces images illustrent un aspect de la vie qui me semble essentiel. Nous percevons la réalité en croisant plusieurs points de vue, au minimum trois.



En ne croisant que deux points de vue la réflexion est instable car, au détour de chaque argumentation, les idées s’opposent ou divergent sans trouver de point d'équilibre. Et s'il y a un point d'équilibre il est terriblement instable.
La réflexion binaire fonctionne comme deux aimants : soit ils s’attirent, alors les deux points de vue fusionnent et inhibent toute évolution, soit ils se repoussent, ils s’éloignent, leurs effets s’estompent et leur relation disparaît.


Confronter une trilogie de points de vue apporte une réponse stable. En effet le triangle est une figure géométrique indéformable, donc stable tant que les arêtes supportent les contraintes auxquelles elles sont soumises(1) .


Au-delà de trois la complexité devient vite inextricable.


Pour trouver un équilibre il faut se limiter à trois angles de vue.



Pour accompagner mes clients dans l’élaboration des analyses et la construction des solutions je privilégie, chaque fois que c’est possible, la recherche de l’équilibre entre trois points de vue et les trois contraintes qui doivent s'équilibrer.

Voilà pourquoi j'ai choisi le triangle de Penrose
comme logo de mon activité


                                                                                     



                                                                      
 
 

(1) Une charpente est constituée d'une succession de triangles assemblés qui sont indéformables du fait de leur géométrie. La répétition de ces triangles constitue un volume rigide qui permet de traverser l’espace pour coiffer un édifice. La résistance de cet ensemble de poutres réunies entre elles est beaucoup plus forte que la somme des résistances de chacune des poutres.

Ce principe a été repris dans la construction métallique au XIXème siècle avec l’invention des poutres métalliques en treillis dont nous voyons tous les jours l’application avec la tout Eiffel, les ponts métalliques, les pylônes électriques et les grues de chantier. >>>