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Pour
accéder rapidement aux différents paragraphes de cette
page
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La
naissance du système de Taiichi Ohno |
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Synchronisation
des processus |
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Diriger
avec les yeux (management visuel) |
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Le
socle du TPS : zéro gaspillage
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Flexibilité
/ polyvalence |
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Aller sur
le terrain |
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Le
socle du TPS : fluidifier le travail
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Anomalies
visibles |
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5
pourquoi |
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Juste
à temps / juste nécessaire |
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Standards
infaillibles mais flexibles |
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Modélisation
du système de Taiichi
Ohno |
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Zéro
stock |
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L’Homme
est au centre du système |
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La
puissance du système de Taiichi
Ohno |
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Zéro
défaut |
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Le
chef est aussi formateur et tuteur |
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Taiichi
Ohno
(1912
–
1990) est
un
ingénieur
japonais qui exerca
d’abord dans la branche textile de Toyoda
(1933) puis chez le constructeur automobile Toyota
(1943).
Il
fut
Vice Président de Toyota de 1975 à 1978 et conseiller du
Groupe Toyota jusqu’en 1982.
Il
est
l’inventeur du Toyota Production System (TPS),
développé à partir de 1950, qui est le système de
management le plus performant au monde.
Il
écrivait
dans la préface de son livre, Toyota Production System
(1978), « Le TPS
n’est
cependant
pas
uniquement
un
système
de
production.
J’ai
confiance
qu’il révèlera sa force comme système de management
adapté à l’ère des marchés mondiaux et des système
d’informations sophistiqués d’aujourd’hui ».
J’ai
la
conviction
que
ce
système
de management de la performance peut s’adapter à tout
type d’activité. C’est ma référence pour analyser la
performance des organisations.
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La
naissance du système
de
management
de Taiichi
Ohno
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A
la fin de la deuxième guerre mondiale, Taiichi
Ohno affronta
le
défi
de devoir amener la productivité des usines de Toyota au
niveau de celle des usines américaines.
Le
japon
était alors dans une phase de croissance lente avec un
marché automobile caractérisé par une
grande
diversité de modèles
avec
de faibles volumes. Le
système de production
de
masse
appliqué alors dans l’industrie automobile occidentale
n’était pas transposable, il fallait en inventer un
autre : ce fut le Toyota Production System
(TPS).
La
productivité
s’obtenait
alors,
et
s’obtient
très souvent encore de nos jours, par
l’augmentation
des
volumes et la diminution de la diversité des
produits
afin de saturer
les
installations.
Taiichi
Ohno a construit son système sur
l’axiome inverse :
favoriser
la
fabrication de lots
de petite taille tout en réduisant les coûts de
production même à faible volume.
Ceci
explique
pourquoi
Toyota
n’a
jamais
perdu
d’argent
en
70
ans
(1950
–
2020), sauf
en
2008
suite
à la crise financière mondiale, et qu'elle engrange des
bénéfices records en période de croissance.
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Durant
les
prochaines décennies les entreprises
vont devoir
affronter
une croissance durablement ralentie. Elles ne pourront
pas être sauvées par des mesures d’exception en
attendant des jours meilleurs. Comprendre le système de
Taiichi
Ohno pour l’appliquer aux spécificités de son
entreprise, à ses produits, à ses métiers, à son
environnement est une voie à explorer.
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Le
socle
du
TPS : éliminer les gaspillages
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Taiichi
Ohno explique
les
bases de son système avec l’équation ci-contre.
Les
prix
de
vente sont verrouillés par le marché.
Lorsque le pricing
est
possible,
il reste limité à
la flexibilité potentielle du marché.
Pour
augmenter
le bénéfice il faut diminuer le coût du travail à
valeur ajoutée et éliminer
les
gaspillages.
La
recherche
de
la diminution des coûts est couramment pratiquée par les
entreprises lorsqu’elles traversent une période
difficile. Tous les secteurs sont alors mis sous
pression par des contraintes budgétaires, par des
programmes de réduction des coûts de fabrication, par
l’externalisation – voire la délocalisation – des
activités qui ne sont pas le cœur-de-métier.
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Mais
dans
la grande majorité des cas les contraintes sont
progressivement levées dès lors que les résultats
s’améliorent et le travail supplémentaire demandé aux
collaborateurs pour améliorer la productivité disparaît.
Dans le TPS, au contraire, la suppression des
gaspillages est durablement intégrée dans le
fonctionnement quotidien de l’entreprise, que les
résultats soient bons ou mauvais.
Les
sources
de gaspillage sont multiples :
-
les
productions
excédentaires
qui génèrent des coûts sans valeur ajoutée
correspondante (argent immobilisé, manutentions, frais
de gestion, coûts et entretien des bâtiments de
stockage) ;
-
les productions défectueuses
qu’il
faudra soit détruire soit retoucher sans pour autant en
augmenter la valeur marchande.
- Gaspillages
secondaires,
plus difficilement visibles : attentes
entre postes de travail, transports
et
manutentions sans valeur ajoutée, gestes inutiles,
surfaces inutilisées ou mal utilisées, documents ou
informations surabondantes, attente
de
résultats dans un projet, etc.
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Le
socle
du
TPS : fluidifier le travail
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Taiichi
Ohno a généralisé à l’ensemble des usines Toyota et dans
tous les métiers
de
l’entreprise le
principe de la mise en flux du travail qu’il avait
observé chez les constructeurs occidentaux, notamment
chez Ford.
Ce
principe consiste à disposer
les postes de travail et les machines selon la séquence
logique des opérations à effectuer. Ainsi
c'est
le
produit
qui se déplace de
poste en poste et non
plus
les opérateurs
qui
vont successivement rejoindre le poste de travail.
Il
n'y a plus besoin de stock tampon entre les opérations
car chaque poste de travail réalise et livre au poste
suivant la pièce ou le sous-ensemble juste-à-temps,
c’est-à-dire juste au moment où il en a besoin. C’est ce
qu’on a appelé vulgairement le travail à la chaîne.
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Pour
appréhender
concrètement ce principe appliqué à l’ensemble de
l’entreprise il faut se la représenter mentalement comme
un système hydrographique. Par exemple un ensemble de
ruisseaux, torrents, rivières, fleuves qui se déversent
continument les uns vers les autres et dont on connaît
la fragilité lorsqu’un incident météorologique se
produit à en endroit névralgique. La régularité du flux
cesse en cas de débordements ou d'inondations (=
surproduction) ou d’assèchement ou de sécheresse (=
rupture d’approvisionnements).
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Ou
encore
imaginons
une
usine
chimique
où les réactions et le déplacement des fluides s’opèrent
dans d’imposantes tuyauteries. La régularité des
écoulements est primordiale et toute fuite ou toute
obstruction pourrait avoir des conséquences
catastrophiques.
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| Fluidifier
le travail c'est transformer un flux entrecoupé
d’opérations de manutention et de stockage en un flux
continu |
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C’est
applicable
à
tout
type
de
travail
à
condition
d’être
prêt
à innover et à se remettre en cause
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Juste-à-temps
/ juste nécessaire
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La
généralisation
du principe du travail à la chaîne à l’ensembles des
processus de fabrication ou de production s’appelle le
juste-à-temps : fabriquer ce dont on a besoin, au moment
où on en a besoin, dans les quantités dont on a besoin,
là où on en a besoin.
Un
atelier
ne reçoit que ce qui lui est nécessaire pour effectuer
son travail. Un atelier situé en amont ne doit donc
produire que ce qui est indispensable à l’aval.
La
philosophie
qui sous-tend le juste-à-temps, l’action au plus juste,
s’exprime plus généralement par le juste nécessaire
: ne faire que ce dont on a besoin,
quand on en a besoin, où on en a besoin. Ceci
s’applique à bien d’autres domaines que la fabrication.
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La
dynamique
d’un système de fabrication traditionnel repose sur un
double système d’ordres :
- le
système des ordres de fabrication (OF) qui
déclenchent les opérations de fabrication dans le
respect de la programmation des ateliers ;
- le
système des ordres de livraison qui
déclenchent la livraison à partir d'un stock vers
l’atelier aval. Souvent
la
livraison
à
l’atelier
aval
est
automatique
dès
la
fin
de
la
fabrication,
on
parle
alors
de
flux
poussés.
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La
dynamique
d’un
système
juste-à-temps
est
pilotée par le processus le plus en aval fonctionnant en
flux continu.
Ce
processus, appelé processus régulateur, émet les
demandes vers les ateliers amonts dès qu’il a besoin de
la pièce ou du sous-ensemble correspondant. Cette
demande est à la fois un ordre de fabrication (OF) pour
la mise en fabrication de la pièce et ordre de livraison
(OL)
pour livraison de la pièce. C'est le système des flux
tirés.
Des
stocks au juste nécessaire sont constitués pour tenir
compte des délais nécessaires à la synchronisation du
dispositif.
Le
processus régulateur reçoit des OF qui ont été
ordonnés de façon à lisser la charge de travail des
ateliers amonts en fonction de leurs capacités
nominales, c'est-à-dire le nombre maximal et minimal de
pièces qu'il peut produire dans la prériode de
référence, période appelée le pas de production.
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Nous
avons
présenté ici le juste-à-temps appliqué à une entreprise
de fabrication en série de produits complexes, comme
l’automobile, dont le système technique est très
régulateur. Ces principes peuvent s’appliquer à tout
processus à condition de les appliquer avec discernement
et avec des outils appropriés à leur nature et au
contexte dans lequel ils sont mis en œuvre.
Ainsi
la technique des étiquettes kanban pour véhiculer d'aval
en amont les OF/OL de fabrication juste-à-temps est tout
à fait adaptée à la production en série de produits
complexes mais pourra être inadaptée dans d’autres
contextes.
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Il
s’agit
bien
de
fabriquer
juste-à-temps
et
pas
seulement
livrer
juste-à-temps. Entre deux ateliers ou deux postes
de travail le seul stock admissible répond aux
contraintes d’acheminement de la pièce, du sous-ensemble
ou du produit lorsque le flux fonctionne au nominal,
c’est-à-dire en situation stabilisée.
La
mise en place d'un système juste-à-temps se fait
progressivement car il n'est pas possible d'atteindre le
zéro stock d'un seul coup .
Au début on prévoit un stock tampon qui permettra
d’absorber les irrégularités inévitables avant d'arriver
à la fluidité parfaite du flux de production. On ajuste
progressivement l’ensemble des paramètres pour diminuer
progressivement ce stock tampon pour arriver au stock
minimum. On respecte ainsi l’axiome initial
d’élimination des gaspillages.
En "vie courante",
quand le processus est stabilisé et qu'il devient de
plus en plus fiable, on cherche en permanence à
diminuer au juste nécessaire ce stock tampon sans
nuire à la régularité du flux de production.
La diminution du stock n'est
pas une injonction ponctuelle du Directeur Financier,
mais un souci permanent des opérateurs, souci
totalement intégré dans l'organisation de leur
travail. C'est ce que l'on appelle le progrès continu
chez Toyota.
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Puisque
le
stock est réduit au minimum alors que le flux s’écoule
harmonieusement, toute production d’une pièce
défectueuse interrompra l’écoulement dès qu’elle sera
détectée et donc inutilisable. Ne produire que des
produits bons est donc un impératif incontournable pour
mettre en place un système de juste-à-temps réellement
performant. Très souvent des stocks tampon sont là pour
masquer la production de pièces ou sous-ensembles non
conformes.
Lorsque
le
système
est
bien
réglé,
toute
anomalie
due
à
un
élément
non-conforme
bloque
la
fabrication,
cela
se voit et donc incite à une réactivité immédiate.
Taiichi
Ohno introduit la notion d’autonomation
qui consiste à rendre les machines automatiques
intelligentes de façon à ce
qu’elles
s’arrêtent automatiquement dès qu’une pièce
défectueuse est produite.
Le
zéro
défaut a deux objectifs : ne pas polluer le flux en aval
du processus et supprimer la production de non-conformes
qui sont des gaspillages.
La
production d’une pièce non conforme ou un travail
produisant un résultat non conforme à ce qui est
attendu est la première des sources des gaspillage. La
page Bon
du premier coup de cette partie du
site est consacrée à l’obtention du zéro défaut.
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Synchronisation
des
processus
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Pour
fluidifier
le travail c’est-à-dire pour que l’écoulement
du travail soit régulier et sans à-coups avec le minimum
de stocks tampons intermédiaires
dimensionnés au juste nécessaire, l’ensemble
des
processus doivent être parfaitement synchronisés pour
éviter les accumulations de produits entre
deux postes de travail ou des
manques
qui
se traduiraient par des attentes.
Un
processus,
quel qu’il soit, est caractérisé par deux paramètres
qui
doivent
être
ajustés pour assurer la synchronisation du dispositif :
- Le
lead time (ou temps de défilement) :
c’est le
délai
nécessaire à un produit pour traverse un
processus,
par
exemple un temps d’usinage ou un temps de cuisson dans
un four.
Le lead time dépend du procédé utilisé.
- Le
takt
time (ou cadence) :
c’est le
rythme
auquel un atelier ou un poste de travail satisfait
la
demande
aval, par exemple 10 pièces par heure, soit une pièce
toutes les 6 minutes.
Le
takt
time dépend de la capacité de production de l’atelier.
Par exemple un atelier avec un four dont le lead time
est de 1 heure aura un takt
time de 1 par heure. Un atelier équipé de deux fours
aura un takt
time de 2 par heure, mais le lead time de l'atelier
sera toujours de 2 heures.
Il
n’existe
pas de méthode générique ni d’outils standards pour
synchroniser des processus car cela est spécifique à
chaque situation, à chaque nature de procédé
et
de processus,
à chaque environnement. Il faut faire preuve de
créativité et d’innovation.
Ci-dessous
voici
un exemple de trois processus qui s’enchaînent et qui ne
sont pas synchronisés
car
les takt
times sont différents.
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La
cadence
du
processus
B
est
la
moitié
de
celles
des
processus
A
et
C.
On
implante
alors
un deuxième processus B c'est-à-dire qu'on double les
machines et les équipes.

Dans
chacun
des processus B le travail est organisé de façon à
pouvoir être décomposé en deux séquences consécutives de
travail a et b de 10 minutes chacune.
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Les
ordres de fabrication qui arrivent en B sont
alternativement affectés aux processus B1a et B2a.

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Flexibilité
/ Polyvalence
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Dans
un
système de production juste-à-temps les lots de
production doivent être les plus petits possibles pour
pouvoir s'adapter au rythme de la demande au
juste-nécessaire sans avoir recours à des stocks. Pour
que l’outil de travail puisse s’adapter très rapidement
à la variation de la demande
il faut pouvoir disposer d’une part de machines
ou d’ateliers polyvalents capables de
réaliser plusieurs variantes de produits en ne changeant
que des outils sur une même machine et d’autre part
avoir formé le personnel à la polyvalence pour
accomplir plusieurs tâches
de nature différente ou utiliser plusieurs
types de machines.
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Le
schéma 1 illustre la situation sans juste-à-temps
où les flux sont poussés. Le planning central optimise
la charge des
ateliers 1 et 2 et de l’atelier final. Les stocks
entre les
ateliers
assurent l’ajustement
pour que l’ensemble fonctionne
compte
tenu de la variabilité réelle de la demande.
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Le
schéma
2 illustre la situation en juste-à-temps en flux
tirés où le planning central programme
la
charge
de l’atelier régulateur en
tenant compte de la variabilité de la demande finale
mais sans lissage
de la production,
c’est-à-dire
sans se préoccuper de la variabilité des appels vers les
ateliers 1 et 2.
Ces
ateliers
n’ont donc pas de production programmée à
l’avance,
ils
fonctionnent à
la demande réelle avec une charge très irrégulière induisant
des
temps
d’inactivité et donc une performance amoindrie.
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Dans
le
schéma 3 le planning
central lisse et ordonnance les OF du processus
régulateur de
façon à tenir compte de la cadence des appels qui
déclencheront dès
que besoin les OF vers les processus amonts.
Le
planning
central tient alors compte des flexibilités des
ateliers 1 et 2, c’est-à-dire du nombre minimum et
maximum de pièces qu’il doivent produire pour
maintenir leur performance.
Ainsi
dans le schéma 3 on s'organise pour éviter
que la variabilité de la demande ne se traduise pas
par des périodes d’inactivité ou de surcharge.
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Les
choix
d’organisation pour maximiser la performance d’un
ensemble
de processus sont
dictés
par
les
contraintes,
environnementales,
sociales,
humaines, financières
de l’entreprise. Dans
notre
exemple fictif,
soit
l’atelier 1 ne fonctionne que le matin et l’atelier 2 que
l’après-midi
le
personnel
étant affecté à d’autres tâches ou ne travaille qu’à
mi-temps, soit on fusionne les deux ateliers en un seul
et le personnel est formé pour être polyvalent
et
les machines
sont
rendues
polyvalentes et
flexibles grâce,
par
exemple, à
des changements rapides d’outils.
Là
encore
c’est la capacité d’innovation qui doit être mies en
œuvre en s’appuyant entre autres sur l’inventivité des
opérateurs parce
qu’ils
connaissent
mieux
que
quiconque les
installations
et leur fonctionnement.
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Rendre
les
anomalies visibles pour réagir immédiatement
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Dans
la
vrai vie, au travail comme à la maison, même avec le
plus grand soin apporté à l’ouvrage nous ne sommes
jamais à l’abri d’un dysfonctionnement, d'un accident,
d’une maladresse voire d’une erreur parce que, même
lorsque l’on vise le zéro défaut, on ne peut jamais
prévoir ni diriger le hasard.
Accepter
l’anomalie
ce
n’est
pas
l’excuser
et
s’en accommoder mais c’est prendre toutes les
dispositions pour y faire face et réagir sans attendre
pour ne pas briser la régularité du flux de travail.
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Une
pièce
non
conforme,
un
défaut
ou
une
erreur
dans
un
résultat
sont
des
gaspillages
qui
entraînent
une
double
peine
:
d’une
part
les efforts
dépensés
sans
résultat
utilisable,
donc
en pure perte, et d’autre part les effets induits par ce
défaut en aval dans la chaîne d’utilisation du produit
ou du résultat.
Plus
le défaut ou l’erreur sera découvert loin du lieu de sa
production plus sera laborieuse la recherche de son
origine pour pouvoir la corriger.
Ainsi
aux désagréments, voire dégâts, causés par la gêne ou
l’incapacité d’usage s’ajoutent
les coûts improductifs de recherche de l’origine
(enquêtes, réunions, mails, rapports, etc.).
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L’organisation
de
l’entreprise, humaine et matérielle, doit permettre de
réagir immédiatement lorsqu’une non-conformité est
constatée et ceci au plus près de l’endroit où elle a
été créée.
Le
principe
enseigné par Taiichi
Ohno pourrait s’exprimer ainsi : toute anomalie,
quelle qu’elle soit, doit être immédiatement visible
par n’importe qui, que ce soit un process déficient,
une pièce non-conforme ou un service défaillant.
Visible
parce
que les facultés visuelles favorisent la quantité, la
rapidité et la simultanéité des informations acquises,
parce que l’œil capte simultanément la situation et son
environnement.
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Standards
infaillibles
mais flexibles
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La
marguerite
ci-contre résume les principes d’organisation et de
management que nous avons évoqués ci-dessus,
principes qui
sont
complètement interdépendants.
Un
des
mécanismes de coordination essentiel pour une
application stricte et cohérente de ces principes, sans
laisser prise au hasard, est la standardisation sous ses
différentes formes (spécification du travail,
spécification des résultats, planification, normes,
procédures, standardisation des qualifications, etc.) .
Les
principes
évoqués ci-dessus ne trouvent
leur
efficacité
que
s’ils
sont
tous respectés
simultanément
par l’ensemble des acteurs, et donc que les standards
correspondants soient appliqués systématiquement et
rigoureusement.
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ENSEIGNÉS
Les
standards
sont à la base des formations. Ils sont enseignés aux
nouveaux arrivants même intérimaires, et en continu au
personnel en poste.
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ACCEPTÉS
Les
standards
sont construits et écrits,
à partir d’un standard générique, avec ceux qui
devront les appliquer, sous l’autorité
de leur chef direct.
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COMPRIS
Le
rôle
du
chef
est
d’expliquer
pourquoi
le
standard est nécessaire, quelle est sont utilité et
comment il doit être appliqué. Le chef aide ses
collaborateurs.
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ACCESSIBLES
Le
standard
doit
être facilement accessible par l’opérateur à son poste
de travail pour qu’il puisse s’y référer immédiatement
en cas de difficulté.
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On
ne
déroge
jamais à un standard.
C’est
la
règle fondamentale du système de Taiichi
Ohno.
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| Par
conséquent les standards sont connus |
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Par
conséquent les standards sont
adoptés |
|
Par
conséquent
les
standards
sont
admis |
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Par
conséquent les standards sont utiles |
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Par
conséquent les standards sont appliqués |
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Lorsqu’une
anomalie
est détectée, une action de réactivité est immédiatement
déclenchée. Une analyse rapide permet de déclencher les
contre mesures immédiates
qui font l’objet d’un standard provisoire temporaire qui
est affiché avec une date limite d’utilisation visible.
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Parallèlement
un
chantier
kaizen
(kai
= changement ; zen = meilleur) est engagé pour traiter
l’anomalie par la méthode de résolution de problèmes,
par laquelle on caractérise avec précision le problème
puis l’on recherche les causes racines en appliquant la
méthode des 5 pourquoi. Les opérateurs sont impliqués
dans ce travail parce qu’ils connaissent mieux que
quiconque la réalité physique du processus sur le
terrain au quotidien. Cela
enrichit la valeur de leur travail en les rendant
acteurs de l’organisation de leur propre activité.
Un
standard
modifié
est
élaboré
puis testé.
Une
fois
validé,
il
remplace
le standard provisoire
qui
avait temporairement annulé le standard précédent. On ne
déroge jamais à l'application d'un standard, on applique
un autre standard?
Là
est le cœur du progrès continu.
Ce
système
fonctionne
comme
une
roue
à
cliquet
:
on
ne
vas
jamais
en
arrière.
Ainsi
toute
amélioration
du
fonctionnement
ou
du produit, aussi
minime
soit-elle,
est
encapsulée à jamais dans les standards qui s’adaptent
ainsi en permanence aux évolutions des technologies et
de l’environnement.
Les
standards représentent la mémoire collective de
l’entreprise.
On
comprend
pourquoi Toyota est le meilleur en qualité, en
productivité et en rentabilité : 70 ans de progrès sans
cesse capitalisés.
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L’Homme
est
au centre du système
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Taiichi
Ohno place l’Homme au centre du dispositif car, quel que
soit le domaine, technique, commercial, financier ou
autre et quel que soit le degré de mécanisation ou
d’automatisation, il y a toujours des hommes et des
femmes impliqués dans l’efficacité de l’organisation.
L’amélioration
de
la
performance
d’une
entreprise
s’appuie
toujours
sur
des
relations
et
des
processus
humains.
Mettre
l’Homme
au
centre
du
management
pour
obtenir
l’engagement
de
chacun
et
l’implication
de
tous,
exige
que
le
travail
soit
organisé
en
conséquence
et
que
le
lieu
de
travail
soit
agencé
de
façon
à
ce
qu’il
vise
le
bien-être du personnel pour qu'il soit efficace dans
l’accomplissement de ses tâches.
Il
faut
donc organiser et aménager le travail de façon à pouvoir
le diriger comme Taiichi
Ohno le propose : un
management centré sur la compétence de chaque individu
afin qu’il puisse accomplir efficacement son travail
avec l’autonomie suffisante pour réagir correctement
face à une situation anormale, à son niveau et avec
l’aide de ses collègues.
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Les
espaces
de travail sont compacts pour éviter d’avoir des postes
de travail isolés en privilégiant l’harmonie des cycles
de travail individuels afin de faciliter le
développement de l’esprit d’équipe et la solidarité
entre tous. La présence de la hiérarchie sur le terrain
et la rapidité d'intervention en cas d'incident sont
favorisées.
La
réduction des coûts (surfaces, chauffage, entretien)
n'est qu'une conséquence du compactage mais n'en est pas
la motivation première.
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Le
chef
est aussi tuteur et formateur
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La
responsabilité
du management à tous les niveaux, du Président jusqu’à
l’Opérateur, est de créer les conditions pour que la
compétence, la polyvalence et la solidarité se
développent au sein de l’entreprise.
- La
compétence, c’est-à-dire le savoir-faire, est au
cœur du management des hommes. Le supérieur
hiérarchique a la responsabilité d’accroître la
compétence de son équipe. La compétence est reconnue
et valorisée par l’entreprise. La compétence apporte
l’autonomie nécessaire pour être réactif.
Chez
Toyota
le chef est reconnu parce qu’il est compétent et pas
uniquement parce qu’il a les capacités d’encadrer ses
collaborateurs.
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- La
polyvalence, c’est-à-dire la capacité à pouvoir
tenir plusieurs postes de travail, est au service du
juste-à-temps et de la fluidité du travail pour
faciliter la réaffectation des tâches en fonction des
fluctuations de la demande. Elle est un des moteurs de
la solidarité parce qu’elle favorise l’entraide.
- La
solidarité, c’est-à-dire aider son coéquipier
lorsqu’il est en difficulté, est à la base du succès
collectif et donc du succès de l’entreprise. Quand un
problème survient on ne se dit pas « ce n’est pas
mon problème » mais « comment puis-je
contribuer à résoudre ce problème ». L’entraide
mutuelle et le travail en équipe sont des points
récurrents tout au long de l’ouvrage de Taiichi
Ohno.
Le
rôle
du responsable hiérarchique est de faire comprendre à
ses collaborateurs pourquoi et comment mettre en œuvre
les principes du Toyota Production System, non pas par
des enseignements théoriques, mais chaque jour sur le
terrain. Tout problème ou difficulté est une opportunité
pour faire comprendre et enseigner. Le responsable
hiérarchique est le promoteur de la réactivité et de
l’amélioration permanente au sein de son équipe. Il a la
responsabilité d’expliquer les standards, de faire
comprendre en quoi ils sont utiles et comment ils
doivent être appliqués.
L’apprentissage
de
l’application des standards sur le terrain contribue
fortement à l’appropriation des valeurs de l’entreprise
par le débutant.
Rappelons
que la notion de standard ne se limite pas à des
procédures écrites mais concerne aussi des rituels
pratiqués, des comportements, des coutumes, des valeurs
partagées.
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Puissance
de
la perception oculaire |
Les
facultés
visuelles sont largement sollicitées chez Toyota parce
qu’elles favorisent la quantité, la rapidité et la
simultanéité avec lesquelles les informations sont
acquises. D’un coup d’œil on saisit une situation, son
environnement, l’ambiance. Le schéma, le croquis, le
dessin, le synoptique sont des moyens d’expression
largement utilisés au même titre que le langage parlé ou
écrit.
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Nous
avons
vu que le travail est organisé de façon à ce que toute
situation anormale soit systématiquement visible pour
susciter, sur le terrain, le réflexe de réagir
immédiatement. Les
emplacements dédiés aux stocks tampon sont matérialisés
afin que tout écart soit immédiatement visible. Les gammes
opératoires
font largement appel aux schémas, dessins et photos.
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Il
n'existe pas d'outils standards
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| Taiichi
Ohno a généralisé les synoptiques de travail (standard worksheet)
où est représenté graphiquement le processus de
travail
de
l’atelier,
du poste de travail mais aussi d'un bureau
administratif.
Ce support,
où
figure aussi les informations nécessaires au travail, est
visuellement partagé
par
tous les participants lors de la résolution de problèmes.
Il facilite
les
compréhensions
mutuelles et la convergence des points de vue ainsi que
l'apprentissage. |
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Mis
à
part le 5S qui en constitue un préalable, il n’existe pas
d’outils standards pour mettre en place le management
visuel. En effet chaque entreprise est unique par son
métier, son organisation, la disposition des unités de
travail, ses modalités de gestion, la personnalité de ses
dirigeants, sa culture. C’est donc à l’entreprise
d’imaginer et d’inventer les dispositifs qui seront le
support du management visuel qu’elle veut mettre en place.
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Enfin
le
principe
du
management visuel s’applique aussi à l’échange
d’informations. L’information dont on a besoin dans la
situation où l’on se trouve doit sauter aux yeux : les
rapports ou les comptes-rendus sont sous un format A3 ou
A4 où ne figurent que les informations essentielles à la
compréhension du sujet, à son avancement et aux
conclusions. La simplicité et la lisibilité sont
privilégiées par rapport au volume d’information.
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Trop
souvent
le management visuel se limite à l’affichage
d'indicateurs. Avant d'incorporer le management visuel
dans l'organisation de
l'usine, de l’atelier, du magasin, des salles de
réunions, de l'entrepôt, du hall d'accueil, du point de
vente, du show room, de l'open space, il faut se poser
trois questions :
- Le
management visuel sert à quoi ?
- Le
management visuel sert à qui ?
- Comment
va-t-on se servir du management visuel ?
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Les
chiffres
sont importants car ils nourrissent des indicateurs qui
donnent une vision synthétique du fonctionnement de
l’entreprise et sont indispensables pour diriger
l’entreprise, fixer les objectifs, en suivre la
réalisation et élaborer les stratégies. Les chiffres
mesurent la réalité pour l’objectiver mais ils ne la
remplacent pas.
Pour
Taiichi
Ohno c’est sur le terrain que l’on dirige avec les yeux
et non pas en lisant un rapport abondamment illustré, ni
devant un écran d’ordinateur, ni dans une salle de
réunion équipée d’un rétroprojecteur.
Le
terrain
c’est bien évidemment l’atelier, mais c’est aussi
l’entrepôt, le magasin, le show-room, le bureau
d’études, le laboratoire, le quai de chargement, etc. Le
terrain c’est là où est générée la valeur ajoutée qui se
vend et qui apporte les marges.
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Pour
diriger
avec les yeux il ne suffit pas de se promener sans but
dans les ateliers, ni de se faire expliquer de
magnifiques tableaux comportant graphiques, courbes,
histogrammes et photos spécialement confectionnés et
placés en toute hâte dans l’atelier pour la visite du
haut responsable hiérarchique qui vient faire son tour
de terrain.
Il
faut
savoir ce que l’on va regarder sur le terrain. Il faut
donc connaître par quoi se traduit sur le terrain
l’application des principes du management. Il faut donc
en avoir compris les fondements et pas uniquement les
résultats escomptés. Il faut connaître les standards
majeurs de l’entreprise et leur signification.
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Dans
toute
situation anormale il faut réagir immédiatement et
mettre en place des contre-mesures (mesures palliatives)
pour rectifier l’anomalie et pour éviter que ses effets
ne se propagent en aval. Puis il faut en rechercher les
causes racines, trouver les solutions pour les
éradiquer, tester ces solutions sur une période
significative et enfin les intégrer dans les standards
de façon que l’anomalie ne soit pas récurrente.
Dans
bien
des systèmes de management où la notion de standard
n’est pas institutionnalisée, la contre-mesure devient
la solution permanente au problème rencontré. Ainsi
l’anomalie peut devenir récurrente sans que cela se voie
jusqu’à la prochaine catastrophe plus grave qui
éveillera à nouveau l’attention.
Le
principe
de base de Taiichi
Ohno est de remonter systématiquement jusqu’aux causes
racines de l’anomalie pour les supprimer et inscrire la
solution dans les standards afin d'éradiquer
définitivement le défaut. C’est là une des principales
forces du Toyota Production System.
La
méthode
des "5 pourquoi" est à la base de la recherche des
causes : poser cinq fois la question
« pourquoi ? ». C’est bien évidemment un
slogan car dans certains cas la cause racine sera
identifiée au quatrième pourquoi et dans d’autres au
huitième pourquoi et parfois bien plus.
La
méthode
des "5 pourquoi" est un comportement managérial à
tous les niveaux de la hiérarchie. Il s’agit
d’inciter tout le monde à avoir le réflexe de remonter
aux causes souvent cachées derrière des symptômes
visibles. La méthode des 5 pourquoi devient un
comportement naturel dès lors qu’elle est pratiquée
depuis le top management jusqu’en bas de la ligne
hiérarchique.
Taiichi
Ohno encourage le manager, quel que soit son niveau, à
aller sur le terrain pour observer. Lorsqu’il détecte
une anomalie, avant de blâmer, le manager cherche à en
comprendre les causes en appliquant les 5 pourquoi,
donnant ainsi l’exemple pour entraîner le reste du
management à pratiquer de même.
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Il
est
de la responsabilité de tout hiérarchique d’animer la
résolution des problèmes qui surviennent dans son aire
de responsabilité.
Contrairement
à une idée très répandue, le "5 pourquoi" n'est pas
qu'un simple outil que l'on range au placard après s'en
être servi, c'est un mode de management permanent
pour inciter tout le monde à rechercher les causes d'une
anomalie quelle qu'elle soit.
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Modélisation
du
système de Taiichi
Ohno
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Voici
la représentation systémique des deux dimensions Organiser
et Diriger du système de management de Taiichi
Ohno

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La
troisième
dimension Agencer est reliée à chacun des
éléments précédents parce que l’agencement du lieu de
travail est au service de l’organisation du travail et
du management des hommes et des femmes.
La
vue ci-dessous en perspective évoque le système dans sa
totalité.
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Dans
un
système
tous
les
éléments sont importants, on ne peut pas supprimer un
élément sans déstabiliser le système et le voir
s’effondrer.
Par
contre chacun des éléments adopte un périmètre et une
intensité variable en fonction de l’environnement où il
se trouve, de la nature du système et de sa raison
d’être.
Ainsi
le
système de management de Taiichi
Ohno peut s’adapter avec discernement à tout type
d’organisation qui doit
maîtriser
la valeur ajoutée qu’elle produit pour atteindre ses
buts et ses objectifs,
qu’elle soit industrielle ou artisanale, technique ou
artistique, commerciale ou culturelle ou encore non
marchande.
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La
puissance
du
système
de Taiichi
Ohno
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En
regardant
le système de management de Taiichi
Ohno avec le prisme du modèle de Mintzberg nous allons
comprendre pourquoi ce système est terriblement
performant et comment il peut s’adapter à tout type
d’organisation dès lors qu’on met en place tous les
éléments du système sans omission en les adaptant à
l’entreprise, à ses métiers, à sa culture et à son
environnement.
Observons
comment
Taiichi
Ohno
met
en
œuvre
les
mécanismes
de
coordination.
Auparavant
notons que la société Toyota Motors est une entreprise
manufacturière de grande taille dont le système
technique est très régulateur et
les produits diversifiés et complexes. Les
entreprises de ce type sont caractérisées par le poids
important de la technostructure qui privilégie la
coordination par la standardisation et la formalisation
des comportements au détriment de l’ajustement mutuel.
Ce genre d'organisation est souvent
critiqué pour avoir une grande inertie, être
technocratique et bureaucratique en
laissant peu de place à l’initiative individuelle.
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Supervision
directe
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Les
équipes
sont
de
petite
taille
(moins
de vingt
personnes)
et
le
chef,
outre
d’être le superviseur, est le tuteur et le formateur de
ses collaborateurs. Voilà un puissant moyen pour
développer l’ajustement mutuel au sein des équipes et
entre le chef et ses collaborateurs.
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Standardisation
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La
coordination
par la standardisation du travail (spécification du
travail et planification des actions) est renforcée par
l’application obligatoire et systématique des standards.
Cela en décuple l’efficacité.
La
standardisation
des
qualifications
et l’exigence d’exemplarité et de compétence renforcent
l’efficacité du travail, l’autonomie pour faire face aux
situations imprévues et la coordination des
collaborateurs qui s’ajustent entre eux grâce à leurs
savoir-faire partagés.
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Ajustement
mutuel
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L’énorme
force
du système de Taiichi
Ohno est d’encourager la coordination par l’ajustement
mutuel : l’institutionnalisation du Kaizen pour soutenir
le progrès continu, l’écoute des collaborateurs pour
finaliser les standards, le chef qui est aussi tuteur et
formateur.
La
richesse de l’information partagée par l’ajustement
mutuel vient considérablement renforcer et assouplir la
coordination par la supervision directe et la
standardisation.
Là
est la clé de l'agilié.
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